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MEMOIRE
La déportation
pour motif d’homosexualité

Pierre SEEL, 
notre témoin de l'Histoire

L'histoire de 
l'homosexualité en France

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Les "Oublié(e)s" de la Mémoire ©
dernière mise à jour : 

19 janvier 2008

Webmaster : Philippe COUILLET
 
 
 
 
 
 
 

 

Pierre SEEL,
notre témoin de l'Histoire :

"Je souhaite que d'autres déportés homosexuels comme moi témoignent pour que le crime nazi ne soit plus ignoré ni accepté par l'effet de l'oubli."
Pierre SEEL

Pierre SEEL à Marseille le 27 avril 2003

Le seul déporté français pour motif d'homosexualité à avoir témoigné publiquement des raisons de sa déportation fût Pierre SEEL.

En 1940, Pierre SEEL avait porté plainte suite au vol de sa montre dans un lieu de drague sur Mulhouse. A l'annexion de l'Alsace par les Allemands, la Gestapo arrêta Pierre SEEL, le 3 mai 1941, sur le motif du paragraphe 175, grâce aux fichiers que la Police française établissait sur les homosexuels avant la guerre.

Durant 2 semaines, il connaîtra interrogatoires, tortures… et viol.

Il sera déporté et interné (document de tranfert de Pierre SEEL) dans le camp de SCHIRMECK et du STRUTHOF (Alsace) durant six mois. Puis, il sera enrôlé de force dans l'armée allemande et envoyé sur le front russe.

Après la guerre, il gardera le silence comme ses camarades homosexuels victimes de la barbarie nazie.

 

En 1981, François MITTERAND conduira sa majorité à abroger les dispositions pénales anti-homosexuelles. Il demandera à son ministre de l'intérieur de supprimer le groupe de contrôle des homosexuels à la préfecture de police et les fichiers les concernant.

Pierre SEEL a connu l’éveil de son combat, en 1982 avec une "lettre ouverte" adressée à l'évêque de Strasbourg pour ses attaques homophobes. Il a lutté pour que les autorités françaises le reconnaissent officiellement comme déporté politique «pour fait homosexualité» durant la Seconde Guerre Mondiale.

Il publia alors, en 1994 un livre : «Moi, Pierre Seel, déporté homosexuel» chez Calmann-Lévy. Témoignant continuellement, il n'a eu de cesse de se battre pour que les cérémonies du souvenir de la déportation accueillent en leur sein les représentants d'associations homosexuelles,  qui désiraient porter la mémoire des déportés homosexuelLEs. Après des années de combats, les autorités les avaient, à partir de 2001, progressivement invitées.

Le Premier Ministre, Lionel JOSPIN évoquera en avril 2001 la déportation pour homosexualité lors d'un discours public.

Pierre SEEL expliquait, en avril 2003, que tant qu'il ne serait pas reconnu "déporté pour homosexualité", il se considérerait "comme un sans papier".

En 2005, le Président de la République Jacques Chirac a franchi un pas historique en reconnaissant, lors de son discours en avril 2005, la déportation de français pour motif d'homosexualité.

Pierre SEEL est décédé à l’âge de 82 ans, le 25 novembre 2005  à Toulouse.

Ce petit homme nous a quitté, mais seul, Pierre était grand dans son combat. Il a su communiquer sa force de reconnaissance aux militants de chaque ville lors des commémorations de la journée du souvenir. Grâce à lui, nous n’oublierons pas les oubliéEs. Nous garderons à jamais son énergie qui va au delà de la reconnaissance des déportés. Il a incarné une prise de conscience des gays et des lesbiennes sur notre propre passé et celui de notre avenir. Il restera pour nous, ce qu’il aimait à dire de lui, un «Témoin de l’Histoire».

Grâce à lui, nous n'oublierons plus les oubliéEs.

Retrouvez des pages concernant Pierre SEEL

Extrait de l'adagio du Concerto pour piano & orchestre n°23 de MOZART [J.-Bernard Pommier, piano - Sinfonia Varsovia]