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Retour La déportation pour motif d'homosexualité

en 1941 à DACHAU : des détenus sont attelés au rouleau compresseur à la "Plantation" Dessin de Karl Frinta.
 
  Le travail concentrationnaire

 

Dans les camps mixtes, ceux qui n'étaient pas exterminés dès leur arrivée, les plus aptes à travailler, faisaient alors connaissance avec les effroyables conditions de vie de ces camps où l'arbitraire, le cynisme et la cruauté régnaient en maître. Le travail épuisant, les coups, les privations, les maladies, la mort qui guettait le moindre de leurs faux pas, volontaire ou non, sans parler des expériences 'scientifiques' pour lesquelles ils servaient parfois de cobaye, avaient vite raison de la plupart d'entre eux. L'espérance de vie se comptait généralement en jours. Ils devenaient ainsi les esclaves de ce système terrifiant dont le savant processus de déshumanisation les conduisait à devenir les instruments même de l'anéantissement des leurs.

Les homosexuels nouvellement arrivés sont immédiatement intégrés à des commandos de travail spéciaux chargés d'exécuter des tâches particulièrement dures et humiliantes.

 

Travaux forcés à Sachsenhausen photo 154 USHMM
 

"Nous devions le matin porter la neige devant notre bloc du côté gauche de la rue sur le côté droit ; L'après-midi, nous portions la même neige du côté droit sur le côté

gauche. Pour faire ce travail, nous ne disposions ni de pelles ni de brouettes, car pour nous les pédés, cela aurait été trop facile. Non, les maîtres avaient trouvé mieux. Nous devions retourner notre manteau, le côté boutonné dans le dos, et porter la neige dans les pans retroussés. C'est avec nos mains nues, bien sûr, que nous creusions la neige et la chargions. (...) Nos mains étaient déchiquetées par la neige et la glace, et à moitié gelées. Nous étions devenus les esclaves hébétés et indifférents des SS."

Heinz HEGER décrit un commando spécial composé d'homosexuels et de quelques juifs. Son but était de construire une butte de terre destinée à retenir les balles derrière les cibles du champ de tir. Rapidement les SS préféraient tirer sur les déportés. Ce commando dura environ quinze jours mais il y eut plus de quinze morts. Proportionnellement au nombre de déportés, ce commando, pour le temps qu'il dura, fut bien plus meurtrier que celui de la carrière d'argile. Travaux de forçats et tortures sont le lot de tous les déportés mais les triangles roses sont particulièrement exposés.


 

 

 

Carrière de Flossenburg 105 triangles roses sur 4000 prisonniers photo 222 USHMM

 

Sources :
Les hommes au triangle rose, Journal d'un déporté homosexuel 1939-1945 de Heinz HEGER - (réédition H&O 2006)
C'Était Ça Dachau 1933-1945 de Stanislav  Zámecník (Fondation Internationale De Dachau 2003)

Les "Oublié(e)s" de la Mémoire © dernière mise à jour :  17 juillet 2009