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Retour La déportation pour motif d'homosexualité

Les expérimentations médicales
 

Salle d'opération à Sachsenhausen, dans laquelle se pratiquait la castration d'homosexuels - photo 093 USHMM
  Les expérimentations "médicales"
 

Les homosexuels furent les cobayes préférés des nazis pour les expériences scientifiques sur l'étude du paludisme, du typhus, de la stérilisation féminine et encore de la castration.

Les nazis pratiquent aussi des expériences qui ne concernent que les homosexuels et qui ont pour objectif de guérir l'homosexualité. "En injectant des hormones synthétiques dans l'aine droite, on devait obtenir une inversion des tendances de l'individu. Les médecins SS n'arrêtaient pas de faire des plaisanteries sur la chose. Vernaet procéda également à des essais sur des castrats." Eugène Kogon.

"Ces expériences ont entraîné la mort de nombreux prisonniers, sans avoir aucune valeur scientifique. Souvent, les médecins et les techniciens de laboratoires ne savaient même pas comment procéder. Ils ne dosaient pas les traitements et ne contrôlaient même pas la pureté des drogues administrées." Richard Plant.

"On nous promit que chaque homosexuel qui se ferait châtrer serait rapidement libéré pour bonne conduite. Quelques déportés au triangle rose crurent en la parole d'Himmler et pour sortir de l'étau mortel des camps se firent châtrer. Mais malgré leur bonne conduite, dont les chefs de bloc et les chefs de camps étaient seuls juges, s'ils purent sortir des camps, ce n'était pas pour rentrer chez eux, mais pour être envoyés dans les rangs de la division disciplinaire Dirlewanger en Russie et y finir en héros pour Hitler et Himmler, dans la boucherie des guérillas. " Heinz Heger.

 

 

 

 

Résultat de l'expérience au phosphore pratiqué par un "docteur" nazi à Ravensbruck - photo 78787 USHMM
 
 
 
 
 
 
 
 
 

victime d'une expérimentation de pressurisation - photo 78615 USHMM

 

 

 

 

 

 

victime d'une castration- photo 78601 USHMM

 
Extrait du livre Les Médecins Maudits
[Chapitre IX page 97/99 "Je ne veux plus voir de roses dans les camps…"]

Le prince roumain Georgiu R. portait sur son corps plusieurs centaines de tatouages. Plus qu'un tableau, une grande exposition érotique.

" - Chaque scène a été croquée sur place, dans tous les ports du vieux et du nouveau monde, j'ai relevé moi-même les dessins. "

La Kommandeuse n'eut jamais connaissance de cette collection unique, le prince roumain était interné à Dachau sur ordre d'Himmler. Homosexuel, ses liaisons amoureuses dans les milieux nationaux-socialistes provoquèrent là colère du Reichführer. Himmler nous l'avons vu, avait voulu sauver les prostituées de leur déchéance, il s'attaqua, en même temps, au_ déportés qui affichaient sur leur pyjama. rayé le triangle rose de l'infamie'. Il réunit les chefs de l'inspection des camps et leur déclara :

" - Je ne veux plus voir de roses dans les camps. "

Et il leur raconta l'aventure du prince roumain, dossiers médicaux à l'appui.

Himmler avait envoyé le Prince à Dachau car il pensait "que le dur labeur et les conditions pénibles de l'existence dans un camp de concentration, contribueraient à sa guérison rapide

[Rudolf HOESS : Le commandant d'Auschwitz parle. Julliard 1959]

Le prince, personnage influent de Munich, ne pouvait tout de même pas être traité comme un vulgaire Juif. Le commandant' se déplace en personne pour le recevoir :

" - Vous allez bien aller à la douche ? "

Le prince éclate en sanglots. Evidemment, il ne désire pas que des profanes feuillettent son "album vivant".

Le médecin l'examine et rédige son rapport à Himmler.

" - La place de cet homme qui avoue lui-même "éprouver depuis son adolescence des désirs sexuels immodérés qu'il n'arrive pas à satisfaire" n'est pas dans un camp de concentration mais dans une maison de santé. "

En attendant la décision d'Himmler, il est attaché à son lit. Le lendemain il s'écroule lorsqu'on veut lui faire pousser un wagon. Il mourra deux jours plus tard... d'ennui. Himmler se penche longuement sur ce cas, dépêche à Dachau des médecins, des professeurs d'université, réclame rapports sur rapports. Et comme chaque spécialiste lui confie: "C'est un mal qui ne se guérit pas ", Himmler prend les choses en main.    .

" - Le Reichsführer organisa à Ravensbrück' des "stages de guérison". Un certain nombre d'homosexuels qui n'avaient pas donné de preuves définitives de leur renonciation au vice, furent appelés à travailler, avec des filles et soumis à une observation très stricte. On avait donné aux filles l'ordre de se rapprocher, sans avoir l'air, de ces hommes et d'exercer sur eux leurs charmes sexuels. Ceux qui s'étaient vraiment améliorés (avant le stage, devant les brimades, les menaces) profitèrent de l'occasion sans se faire prier; quant aux incurables, ils ne gratifiaient pas les femmes d'un seul regard. Si celles-ci se montraient trop provocantes, ils s'en détournaient avec dégoût et horreur. "

[Rudolf HOESS : Le commandant d'Auschwitz parle. Julliard 1959]

Le "stage" se terminait par une ultime épreuve : les guéris étaient laissés seuls en présence de malades. S'ils succombaient tout était à recommencer.

Himmler qualifia ces stages de "demi-échec" et chercha une solution plus radicale. Il la trouva en la personne d'un commandant SS danois, le docteur Vernaet qui avait inventé une méthode infaillible pour guérir l'homosexualité. Il demandait l'autorisation "respectueuse" d'expérimenter dans un camp, "ayant appris que cela se faisait". Himmler bondit sur l'occasion et lui ouvrit les barbelés de Buchenwald.

Le docteur Vernaet sélectionna quinze cobayes "désespérément" invertis. Ils demandèrent au docteur Horn, un détenu, de leur expliquer ce qui devait leur arriver...

" - Ils étaient très effrayés, ils tremblaient comme des feuilles. Je leur dis qu'il s'agissait d'une hormone mâle qu'on allait leur implanter et que ce ne serait pas dangereux. "

Le docteur Vernaet, comme Rascher, désirait monnayer sa préparation. Il proposa à Himmler:

" - Nous pourrions vendre cette invention à l'étranger au marché noir pour obtenir des devises. Nous pourrions la promettre à des espions en récompense d'informations utiles. "

[Déclaration du docteur Poppendick, Nuremberg]

Himmler haussa les épaules et lui conseilla d'expérimenter ses hormones avant de "rêver éveillé".    .

La "pile Vernaet" devait être implantée dans l'aine ou sous la peau des patients. Sur les quinze opérés deux moururent et aucun ne "guérit"…

 
Sources :
L'état SS, le système des camps de concentration allemand de Eugène KOGON (rapport demandé par les alliés et utilisé lors du procès de Nuremberg. ouvrage reconnu par tous)
Les hommes au triangle rose, Journal d'un déporté homosexuel 1939-1945 de Heinz HEGER - (réédition H&O 2006)
Les Médecins Maudits de Christian BERNADAC - Pocket 1977

Les "Oublié(e)s" de la Mémoire © dernière mise à jour :  17 juillet 2009