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Les "Oublié(e)s"
de la Mémoire © page actualisée le : 17 avril 2012
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TÉMOIGNAGES ITINÉRAIRE D'UN
TRIANGLE ROSE Un témoignage unique et rare du
dernier survivant connu de ces quelque 10 000 déportés que les nazis envoyèrent dans les camps de concentration pour leur homosexualité. En vente auprès de l'association au prix de 25€ (frais d'envoi compris). Le livre sera dédicacé par son auteur. Bon de commande.
Hervé Joseph Lebrun, photographe et cinéaste, a longtemps travaillé avec Albrecht Becker, le dernier survivant allemand de l'holocauste gay. Pierre Seel, seule personnalité homosexuelle française à avoir témoigné à visage découvert de sa déportation durant la Seconde Guerre mondiale, fait part dans cet hommage bouleversant de sa difficulté de vivre en dénonçant tous les obstacles rencontrés par les lesbiennes et les homosexuels.
Pierre Seel, décédé le 25 novembre 2005, a rédigé une autobiographie poignante avec l'aide de Jean Le Bitoux qui l'a enrichie de nombreuses annexes. Ce témoignage d'une déportation pour cause d'homosexualité révèle pudiquement les souffrances d'un jeune Alsacien ayant connu les camps de concentrations français, l'enrôlement forcé des "Malgré nous" dans l'armée allemande, la vie sur le front de l'Est et une libération synonyme d'incarcération dans un silence honteux, dont ce livre fut la fin. A l'heure où l'homophobie règne encore sur un nombre impressionnant de pays et de cultures alors que l'Europe semble avoir avancé en ce domaine, Pierre Seel nous montre que nous revenons de très loin.
Le pouvoir totalitaire nazi considérait les homosexuels comme des ennemis de l'Etat au même titre que les opposants politiques. Dès 1935 il avait planifié leur déportation dans les camps de concentration et mis en place un eugénisme virulent visant à débarrasser la race aryenne de ses " scories ". De nombreuses expériences médicales, dont la castration, font partie des pratiques proprement vétérinaires mises en place par cette idéologie démente. Les témoignages poignants rassemblés dans cet ouvrage nous donnent un aperçu concret des rouages de la dictature nazie et de ses effets tragiques sur la vie des homosexuels. Ils nous incitent aussi à réfléchir sur le préjugé homophobe dont les nazis sont loin d'avoir le monopole. Combattre le négationnisme qui consiste à taire la déportation des homosexuels, c'est aussi dénoncer l'homophobie dans ce qu'elle est réellement : non pas une simple opinion, mais, à l'instar de tout préjugé, une construction idéologique négatrice de la personne.
C'est un témoignage capital et bouleversant qu'il nous est donné de lire dans ce livre. Parce qu'il est homosexuel, Heinz Heger est arrêté par la gestapo le 12 mars 1939, emprisonné puis déporté au camp de
Sachsenhausen. Là-bas, il apprendra à se servir de sa jeunesse et son charme pour survivre. Des années plus tard, il raconte le sort effroyable réservé aux "hommes au triangle rose" par le régime nazi. Son discours, loin du politiquement correct - surtout sur la sexualité dans les camps - choque et dérange encore dans les sociétés d'après-guerre où l'homosexualité reste un délit.
TRAVAUX HISTORIQUES
Parution de Mickaël Bertrand [dir.], Lyon, Mémoire Active, 2011, 176 p. ESSAIS HISTORIQUES
par Régis Schlagdenhauffen. Préface d’Annette Wieviorka
Notre avis : Une
étude comparative sur la construction de la mémoire de la déportation
homosexuelle dans trois
pays européens (Pays-Bas, Allemagne et France), introduite par un
rappel historique conséquent du contexte dans les zones d’application
de l’article 175 du code pénal allemand. Il
s’agit de la publication condensée (et augmentée de quelques éléments
ultérieurs) d’une thèse soutenue par l’auteur en juillet 2009 à
Strasbourg, et dont la période d’étude initiale semble s’arrêter
en 2007/2008. [
Pour cette recension, nous ne considérerons que les aspects propres à
la France et à l’histoire de la répression de l’homosexualité par
les nazis. ] La
thématique était ambitieuse et devait, entre autres, permettre une
vision synoptique de l’histoire récente des luttes militantes pour
aboutir à la reconnaissance de cette déportation, notamment en France.
On
peut regretter que les citations attribuées à certaines personnes se
fassent sous le sceau de l’anonymat, alors que les initiales des
concernées ne correspondent pas à celles qui nous sont connues. Cela
contribue également à entretenir
une suspicion quant l’exactitude des propos, et ce d’autant plus
que, concernant notre propre association, au moins deux affirmations
(plus spécifiquement sur les rapports que nous entretenons avec le Mémorial
de la Déportation Homosexuelle - MDH) nous laissent perplexes : - page 178, Régis Schlagdenhauffen affirme
que nous nous plaçons en « association concurrente au MDH ».
Nous ne sommes aucunement en concurrence avec ce dernier. On peut
cependant affirmer, qu’au vu de la volonté des institutions de ne
plus ignorer la mémoire de la déportation homosexuelle, nous prônons
une façon de faire différente qui privilégie un travail avec ces mêmes
institutions. Le fait que nous avons été à l’origine de toutes les
actions majeures de reconnaissance depuis 2008 (rue Pierre Seel à
Toulouse, dépôt de gerbe au Struthof, plaques commémoratives à
Mulhouse et au Struthof) nous conforte d’ailleurs dans cette façon de
faire. Cette méthode a porté ses fruits, contrairement à celle qui
consiste à rechercher la confrontation et les polémiques... - page 184, la note 13 affirme que nous
serions « en conflit ouvert avec la MDH » en raison du titre
de notre association qui reprendrait à son compte et de façon non
autorisée le titre d’un ouvrage de Jean Le Bitoux, dont on sait
l’implication dans le MDH. Rappelons que l’expression ‘oubliés
de la mémoire’ a eu - et continue d’avoir - des usages variés dans
des contextes historiques variés. Elle ne saurait être considérée
comme une création littéraire exclusive de M. Le Bitoux. Croire que
nous lui aurions sciemment volé le titre d’un livre, pour reprendre
l’accusation que certains sympathisants et membres du MDH continuent
de véhiculer (cf. la contribution de Fabrice Bosque dans le recueil de
témoignage édité après son décès) est donc une vision très
partiale. Nous n’avons pas recherché le conflit et
si, à l’inverse, Jean Le Bitoux avait été en conflit avec nous,
nous attendons encore aujourd’hui un écrit de sa part ou de ses
avocats avec un exposé de ses griefs. Que
l’auteur choisisse de ne livrer qu’une vision des choses dénote
d’un manque d’impartialité ou de rigueur, à moins que ce ne soit
les deux. Car si l’on considère les interviews et échanges de
communications entre Régis et notre président avant la rédaction de
ce livre, nous ne pouvons que nous étonner de la teneur des intentions
qu’il nous prête. Un
besoin de clarification émane également d’une autre des
parties-prenantes dans la problématique, et non des moindres
puisqu’il s’agit de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation
(FMD). La mise au point extrêmement sévère dont se fend son directeur
dans son trimestriel Mémoire Vivante (N°69) entame sérieusement le crédit
de Régis Schlagdenhauffen à qui il est reproché des « analyses
et interprétations bancales », un « délire interprétatif »
ainsi que des approximations et une éthique qui n’est pas en phase
avec celle de la FMD… Malgré des choix et des raisonnements qui n’engagent que son auteur, ce livre a le mérite de référencer de façon détaillée l’abondant corpus littéraire qui existe sur le sujet, notamment en langue allemande, et de procéder au rappel des différents types de répressions endurées par les homosexuel-le-s durant la période nazie. Se voulant un ouvrage de sociologie couvrant la période après-guerre, c’est bien plus le traitement de l’histoire jusqu’en 1945 qui le distingue positivement. Le reste est visiblement sujet à caution.
Notre avis : Paris de nos jours. Un travail de groupe pour quatre lycéens va servir de point de départ au flashback de l'arrière grand' père de l'un d'eux.
Si la volonté affichée de mettre en lumière les relations troubles
entre nazisme et homosexualité séduit par son originalité, on ne peut
que déplorer le manque flagrant de rigueur formelle et intellectuelle
prévalant de bout en bout dans cet opus.
Notre avis : De lecture agréable, cette histoire d'amour naissant se déroule avec pour toile de fond l'apparition de ce nouveau média qu'est la radio. Inspirée des parcours revisités de Pierre Seel et d'Aimé Spitz, cette fiction historique recrée l'atmosphère de l'Alsace-Moselle, mais aussi du Berlin et du Paris de la grande époque de l'émancipation homosexuelle. Cette période émancipatoire de l'entre-deux-guerre sera stoppée en Allemagne par l'arrivée au pouvoir des nazis, alors qu'en France, et notamment dans les régions limitrophes, anciennes possessions allemandes, on assiste à une montée de la peur suscitée par le nouveau maître de l'Allemagne et au durcissement de la morale publique. Il ne s'agit pas ici d'un récit sur la déportation des homosexuels en tant que telle. Elle n'est évoquée que vers la fin de l'ouvrage, avec quelques points historiques ou factuels qui prêtent parfois à débat. Mais c'est avant tout une fiction qui n'en demeure pas moins une lecture à recommander, ne fut-ce que pour mieux situer la réalité particulière de l'Alsace et de la Moselle. Butins de guerre après le conflit franco-prussien de 1870, ces territoires retournés à la France en 1918, annexées de fait par l'occupant nazi dès juin 1940, souffriront particulièrement sous la férule nazie. Si l'incorporation de force de classes d'âge entières dans la Wehrmacht ou la SS restera longtemps un stigmate, c'est aussi de ces régions que sont issus la grande majorité des Français déportés pour homosexualité.
Le 30 janvier 1933, Hitler est élu chancelier du Reich. La haine nazie
contre les homosexuels se déchaine : les Allemands doivent avoir des
enfants, de très nombreux enfants, de futurs soldats combattant pour la
grandeur de la nation et de la race. Les homosexuels sont donc des
adversaires, des ennemis qu'il importe d'identifier et d'éliminer.
Actes des 4ème assises internationales de
la mémoire gay et lesbienne La Ville de Lyon, Capitale de la Résistance, à travers deux de ses institutions, le Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation et la Bibliothèque Municipale, a choisi d'aborder publiquement la question de la reconnaissance de la déportation homosexuelle qui fait débat avec les meilleurs spécialistes, français et allemands. C'est tout à l'honneur d'une ville où le devoir de mémoire se conjugue au présent.
OEUVRES DE CINEMA
"Paragraphe 175" est un film essentiel. Comme l'était "Celluloid closet", qui remettait en lumière ce qu'Hollywood avait voulu cacher : l'homosexualité. Mais ici, cet essentiel est plus douloureux, plus à vif, insoutenable même tant il prend à contre-pied un véritable déni historique, tant il rempli un vide : un pan entier de notre histoire occulté par les ouvrages historiques et absent des commémorations officielles. Parce qu'il n'existe que très peu d'archives pour raconter cela, Friedmann et Epstein ont utilisé la mémoire de quelques survivants, dont Pierre SEEL, leurs souvenirs, leur douleur jamais apaisée. C'est pour cela, pour ces mots et ces visages, cette mémoire à vif d'un temps où les homosexuels étaient persécutés et assassinés, que "Paragraphe 175" est un film indispensable. Découvrez le site du film.
NDLR : Il n'est plus édité pour l'instant. Il est disponible en bonus sur le DVD de L'ARBRE ET LA FORET (présenté ci-dessus)
A travers la dramatique histoire d'un couple d'homosexuels, évocation de la ségrégation et du martyre de ces derniers pendant la Seconde Guerre mondiale, qui bien souvent préféraient se faire passer pour juifs, plutot que porter le triangle rose réservé aux homosexuels.
A tous ceux qui ont apprécié ce superbe téléfilm lors de son passage sur France2, je conseillerai de visionner ce DVD pour la richesse de ses bonus. A toutes les qualités de la "fiction", s'ajoute dans les bonus les commentaires de Jean Le Bitoux qui explique qu'il n'y a pas eu de rafles d'homosexuels. Mais si Jean (le héros du film) est envoyé en camp c'est surtout parce qu'il aurait pu recueillir les confidences de son pseudo-amant gradé allemand. Les scènes les plus atroces de la vie en camp de concentration sont inspirées du témoignage de Pierre Seel ("Moi Pierre Seel, déporté homosexuel").
Informations de la production : Durant le régime nazi, pour faits d'homosexualité, 100000 hommes furent arrêtés, 15000 furent déportés, dont 210 Français. |
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