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Après
seulement quelques semaines d’installation, le Secrétaire d’Etat à
la Défense et aux Anciens Combattants,
Jean-Marie Bockel, a souhaité recevoir notre association civile homosexuelle
du devoir de mémoire, Les « Oublié(e)s » de la Mémoire, pour
mieux connaître et analyser ensemble
les attentes des personnes et des associations concernées par le souvenir
de la déportation pour motif d’homosexualité.
Le
directeur de cabinet du Secrétaire d’Etat, Monsieur Michel Suchod,
accompagné de Monsieur Joseph Zimet,
conseiller chargé de la mémoire et du lien armée-nation et de Mademoiselle
Séverine François, conseillère pour les affaires réservées, ont reçu
Philippe Couillet, président, Mickaël
Bucheron, trésorier et Hervé Hirigoyen, délégué de Midi-Pyrénées
de l’association.
Notre
délégation a exposé quelques sollicitations pour permettre de mieux
porter la mémoire de la déportation
pour motif d’homosexualité. De cet entretien, nous vous informons
des réponses du ministère :
-
Le
Ministre est favorable pour que le discours officiel, lu pendant les cérémonies
de la Journée du Souvenir de la Déportation,
rende explicitement hommage à toutes les
catégories de Déportés, dont celle de l’homosexualité. Il
s’engage à faire remonter notre
demande, en y apportant tout son soutien, auprès des six organismes
de Déportés qui rédigent ce discours (discours
2008). La France ne peut nier indéfiniment
cette réalité historique.
-
Pour
ce qui concerne la mise en place d’une plaque en hommage aux
victimes de la déportation pour
motif d’homosexualité au camp de Natzweiller-Struthof, le ministre,
comme son prédécesseur,
souhaite voir ce projet aboutir. Pour le respect
de cette mémoire, le Ministre va rencontrer les responsables de la
Commission Exécutive du Struthof, qui
pour l’heure ont toujours manifesté leurs refus.
-
Nous
avons aussi présenté notre réflexion au Ministre et Maire de
Mulhouse (Haut-Rhin), pour qu’un
lieu mémoriel puisse exister dans sa ville. Dans le respect de
la mémoire de Pierre
Seel, nous avons expliqué, que contrairement au souhait du
MDH (Mémorial de la Déportation Homosexuelle), nous ne sommes pas
favorables à la mise en place d’une
plaque dans le Square Steinbach ou pour qu’il soit
rebaptisé. En effet, ce square porte une image sexuelle dans l’Histoire
et aujourd’hui il est fréquenté
par un monde « marginalisé ». M. Bockel trouve intéressante
notre proposition pour qu’une plaque soit apposée sur la façade de
l’ancienne pâtisserie des parents de
Pierre Seel, lieu de son adolescence. Cette maison
se situe en face de la maison natale d’Alfred Dreyfus, rue du
Sauvage, la rue la plus vivante de
Mulhouse. C’est dans ce lieu familial qu’il recevra une
convocation de la Gestapo, qui le
conduira à son arrestation le 3 mai 1941 pour son sinistre destin.
Après
avoir été reçu longuement et au vu de notre connaissance mémorielle,
le Cabinet du Ministre a conclu cet
entretien constructif par le désir de voir notre association incluse
pleinement dans le travail commun sur la mémoire de la Déportation, avec
les autres associations analogues. Nous
avons été invités officiellement à la cérémonie
nationale du
Souvenir au Mémorial de la déportation de
Natzweiler-Struthof, le 22 juin 2008.
Il
nous a été proposé de rédiger un mémo pour la Commission
Kaspi, présentant nos réflexions
et propositions pour l'avenir et la modernisation des commémorations et
célébrations publiques, lequel sera transmis
par le Ministère. Notre mémo comportera entre autres
divers souhaits comme la mise en place de panneaux pédagogiques
historiques près de tous les monuments
et mémoriaux, ainsi que le soutien indispensable de l’Etat dans la
poursuite des travaux de recherches
historiques.
Le
Conseil d’Administration
de
l’association Les « Oublié(e)s » de la Mémoire
Crédit Photo : Philippe
Couillet saluant le nouveau secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants,
Jean-Marie Bockel, Ravivage de la Flamme sous l'Arc de Triomphe le 1er
avril 2008 - DMPA/Jacques
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