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Les "Oublié(e)s" de la Mémoire à l'inauguration du Centre Européen du Résistant Déporté du Struthof

Porte d'entrée du Camp de Natzweiler-Struthof

Porte d'entrée du Camp de Natzweiler-Struthof

Le drapeau des déportés "Nacht und Nebel" (Nuit et Brouillard) de Natzweiler-Struthof au coté de notre drapeau, tous deux placés au 1er rang

"Aux Morts", les drapeaux s'inclinent.
On peut apercevoir notre drapeau "Association Civile Homosexuelle du Devoir de Mémoire"

Le Président de la République, Jacques CHIRAC, saluant notre porte-drapeau

J.M. ASTOR et Ph. COUILLET devant la plaque d'inauguration du C.E.R.D., dévoilée par le Président de la République

Notre association a été conviée pour participer à l'inauguration du Centre européen du Résistant déporté, jeudi 3 novembre, sur le site du camp de Natzweiler-Struthof dans le Bas-Rhin, en Alsace.

Nous avons pris place avec 500 autres invités de la Présidence de la République dans l'avion officiel spécialement affrété.

Arrivés sur ce lieu de mémoire, où la haine a détruit plus de 20 000 femmes et hommes, nous nous sommes recueillis dans les allées du camp quelques instants.

Nous avons ensuite pris place parmi les personnalités invitées pour assister à la cérémonie au mémorial "Aux héros martyrs de la déportation". Notre porte-drapeau a rejoint au premier rang les autres drapeaux des associations nationales de déportés. Le drapeau tricolore de l'association - aux armes du triangle rose et noir ainsi que son objet "Association civile homosexuelle du devoir de mémoire" - a ainsi été visible de tous les photographes et des caméras de France 3 Alsace qui diffusait en direct cette cérémonie, dont les images ont été reprises par les JT nationaux.

Monsieur Jacques CHIRAC, Président de la République, a rendu l'hommage de la France reconnaissante par un dépôt de gerbe et l'observation d'une minute de silence "aux morts". Il a ensuite salué respectueusement tous les porte-drapeaux.

La lecture d'un texte par deux petits-enfants de déporté(e)s devant les rescapés du Camp du Struthof a complété l'émotion de cette cérémonie ponctuée par le Chant des Marais, chanté par le Chœur de l'Armée Française.

A l'issue de cette première cérémonie, le Président de la République a parcouru le camp et s'est recueilli longuement devant la chambre à gaz et le four crématoire ; il a ensuite visité le musée. Il a rejoint l'assistance rassemblée dans un hall principal trop exigu pour la circonstance, pour procéder à l'inauguration du Centre Européen du Résistant Déporté.

Dans son allocution le Président de la République dont nous vous livrons extraits : "…Résistants, déportés politiques, frères d'armes de toutes opinions, civils et militaires, héros de l'armée des ombres, juifs, toutes celles et tous ceux que les nazis avaient exclus de leur vision démente de la société, ont été livrés ici à la même barbarie…". Nous voulons croire que l'expression "toutes celles et tous ceux que les nazis avaient exclus de leur vision démente de la société" comprend ces minorités déportées dont les homosexuel(le)s. Le Président ajoute : "…Dans le recueillement et l'émotion, je suis venu rappeler que la mémoire sera toujours plus forte que l'oublie…" et appelle les jeunes à "combattre sans relâche ceux qui prônent en France et dans le Monde, la haine, le racisme, l'antisémitisme, l'intolérance" ; un combat qui est déjà notre, par notre engagement dans l'association Les "Oublié(e)s" de la Mémoire.

Le Président a ensuite visité le Centre, accompagné de Madame Michèle ALLIOT-MARIE , ministre de la défense, Madame Simone VEIL et Monsieur Hamlaoui MEKACHERA, ministre délégué aux anciens combattants.

Après son départ, ce fut à notre tour avec les invités de visiter ce Centre qui se veut être un lieu d'information, de réflexion et de rencontre. Le Centre européen du résistant déporté présente l'histoire des Résistances contre l'oppression nazie et le système concentrationnaire de ce régime.

Dans le hall d'accueil, les 14 principaux camps sont présentés, avec pour chacun d'eux un panneau et une borne informatique présentant les origines des déporté(e)s, l'histoire, la vie et les exactions et crimes commis dans ces camps. Un film "Bonjour mon frère" dévoile des images et des portraits d'hommes, de femmes et d'enfants déportés. L'exposition - dont les mots phares sont : contre la barbarie, s'engager, résister, combattre - installée dans la "Kartoffelkeller" (la cave à pommes de terre, nom de code d'un bâtiment dont la construction n'a jamais été achevée, et dont on ignore aujourd'hui encore la destination…), présente la montée du nazisme et la politique hitlérienne.

Les panneaux présentant les différentes catégories de déporté(e)s n'oublient pas que les homosexuel(le)s font partie des victimes de la barbarie nazie.

Nous avons ensuite visité le musée du camp où sont exposés notamment les différents registres de "comptabilité" du camp révélant le nombre des personnes déportés entre 1941 et 1944. Sur 51 684 déportés, les asociaux (triangle noir - comprenant les lesbiennes) représentaient 1,3 % soit 671 personnes et les homosexuels (triangle rose) représentaient 0.42 % soit 217 personnes. Nous avons noté que 17,7 % des déportés sont classés " non renseignés ". Nous pouvons penser que parmi ces personnes "oublié(e)s" figuraient des homosexuel(le)s. Le musée présente les origines des déporté(e)s, l'histoire, la vie et les exactions et crimes commis dans ce camp.

Notre délégation a préféré utiliser le temps malheureusement trop court sur place pour  prendre la mesure de l'Histoire attachée à ce lieu et en devenir les témoins.

Le retour en avion nous a permis de partager nos émotions avec les autres invités.

Cette journée intense laissera toutefois un regret, l'absence de Pierre SEEL, également invité par le Président de la République. Il n'a pas pu être présent en raison de son état de santé. Nous lui souhaitons un prompt rétablissement.

Pierre Seel, seul homosexuel français survivant à avoir eu le courage de déclarer le motif de son internement et de sa déportation, fut interné à Schirmeck et il fit parti d’un kommando de travail forcé qui a participé à la construction des premiers baraquements du Struthof.

Nos pensées vont vers lui mais aussi pour son ami Jo, assassiné par les chiens nazis au camp du Struthof en 1941.

 

Hall d'accueil du Centre Européen du Résistant Déporté


Les "Oublié(e)s" de la Mémoire ©
dernière mise à jour : 3 novembre 2005